Vendredi 1 avril 2011
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17:05
Gossip Girl
Réalisateurs : Stephanie Savage, Josh Schwartz
Acteurs : Leighton Meester, Blake Lively, Chace Crawford
D'après les romans de Cecily von Ziegesar
Cette série télé dont le public cible est celui des adolescent peut tout à fait être regardée par des personnes plus âgées.
D'abord parce qu'elle est bien jouée, franchement ils ont réussi à trouver une série d'acteurs qui bien que jeunes sont crédibles dans leurs rôles, ensuite parce
que les personnages des parents, quadra en crise eux aussi, sont suffisamment crédibles, présents dans l'action et finalement attachants (et ils ont pas choisis les acteurs les plus moches, comme
pour les jeunes d'ailleurs).
Et surtout parce que l'univers décrit, les décors, les intrigues sont très intéressant. Cette chronique suit directement celle sur l'ouvrage Le président
des riches de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot parce que le sujet est presque le même. Gossip Girl c'est la description de l'oligarchie de New York avec les yeux des adolescents
de la plus chic école privée de Manhattan.
Les personnages Serena, Blair, Nate, Chuck, Dan sont dans l'équivalent français d'une "prépa" (ils ont dix-huit ans environ), si j'ai
bien compris ils doivent entrer à l'université l'année prochaine et évidemment ils visent les universités les meilleurs des Etats-Unis, celle de l'Ivy League (l'épisode sur le sujet est
d'ailleurs assez truculent).
Leurs petits frères et soeurs sont dans les mêmes écoles (car il y en a deux, une pour les filles et une pour les garçons - vive
l'égalité des sexes de cette classe sociale) mais dans l'équivalent de la seconde (ils ont quatorze, quinze ans).
Les parents sont en crise de couple.
Cette saison repose, d'un point de vue social du moins, sur l'intrusion de la famille Humpfrey (Dan et Jenny) dans ce milieu social
de "l'élite new-yorkaise", ce que l'on peut aussi appeler l'oligarchie américaine. Eux, ce sont les "pauvres" car leur père est juste le propriétaire et gérant d'une galerie d'art et ancienne
star du rock des années quatre-vingt dix, la mère et peintre et ils habitent un loft loin de Manhattan. Voilà la pauvreté face à l'oligarchie.
Eux ce sont la famille van der Woodsen (Serena et Eric) dont la mère après un enième divorce vient d'aménager avec eux dans un hôtel
luxueux, celui du père de Chuck Bass (où celui-ci habite aussi avec son père). Tandis que Blair Waldorf, elle habite avec sa mère récemment divorcée et créatrice de mode (elle a sa propre marque)
dans une sorte d'appartement géant où c'est surtout la bonne qui s'occupe d'elle. Le père de Blair vient d'acheter un château en France avec quelques vignes pour aller avec. Enfin tout est à
l'avenant.
Mais cette série n'est pas Beverly Hills où tout le monde est beau, riche et gentil. Là tout le monde est beau, pas
forcément aussi riche et surtout assez souvent méchant. Et les riches profitent des passe-droit que leur nom leur octroi en échange ils doivent obéir (l'épisode sur le bal des débutants est le
summum du genre) jusque dans le choix de leurs conjoints. Ils ont le droit de faire n'importe quoi mais dans la limite de la fidélité à leur classe sociale, en cas de pépin ils peuvent profiter
de la solidarité de celle-ci et de leur position sociale supérieure car quoiqu'il arrive à l'un d'entre eux il leur restera de l'argent et du pouvoir.
Le seul bémol à mon avis est le personnage de Georgina qui apparaît dans le dernier tiers de la saison et qui est tellement excessif
qu'il est difficile de comprendre ses motivations (en dehors d'une vague logique moralisante du style "la drogue c'est mal !").
Voici la lecture de cette série trouvée sur Wikipedia :
"la mise en scène d'une hyperclasse richissime totalement déconnectée
du public de la série, provoquent à la fois une fascination pour des héros qui mépriseraient le téléspectateur dans la réalité, mais aussi permettent de détourner l'attention du spectateur vers
les produits placés au fil des épisodes et vendus par ailleurs sur le site de la chaîne CW. Comme l'analyse Mona Chollet, "non seulement la série produit de la docilité sociale en substituant l'envie et la fascination à l'hostilité légitime que
pourraient susciter ses jeunes héros, mais elle propage dans l'univers de la consommation des mots d'ordre impliquant des dépenses exorbitantes"."
Je pense que cette logique peut exister notamment chez les plus jeunes (et c'est le public cible) mais cette série
n'est pas la première à mettre en avant les plus riches (il suffit de penser à Dallas).
Elle a, par contre, le mérite de montrer comment ces "très riches" se comportent avec
les "moins riches" (de façon assez méprisante), ce qui est plutôt rare et de montrer qu'ils n'ont rien fait d'autre que naître pour devenir si riches (ils ne sont pas des self-made man ou woman
mais juste des héritiers, pourris et gâtés).
Enfin je n'ai pas lu les romans, qui sont assez méchants aussi si j'ai bien
compris mais je crois que cette première saison en respecte l'esprit.