Vendredi 4 septembre 2009
Same difference
Derek Kirk Kim
Editions 6 pieds sous terre
2004
Belle couverture. Dessin sobre, réaliste, en noir et blanc. Très agréable à lire. Le récit est intimiste, sans envergure aucune que des raconter des tranches de vies. Des personnages (les deux de
la couverture) sans histoire, post-étudiants qui habitent en centre-ville mais ont grandi dans les banlieues suburbaines pavillonaires typiquement américaines, seule ingrédient particulier, leur
origine coréenne. Ils s'attachent tous deux à de petites choses, de petits destins. Il ne se passe presque rien. Pourtant, le récit lui aussi est agréable. Peut-être à cause d'une certaine
sensibilité dans l'écriture, tout en retenue.
Derek Kirk Kim est prometteur, et ce comics semble une oeuvre de jeunesse pleine d'avenir. J'espère que cet auteur est jeune et plein d'énergie parce que sinon ce que je viens d'écrire tombera à
plat !
Par mokona noir
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L'emmerdeur
Elisabeth Butterfly
Florence Massot
2007
Titre sympa, petit éditeur, petit auteur (un pseudo ?), grand thème (?). Belle couverture. Difficile de dire tout ce que je pense de ce roman (?). Beaucoup de points d'interrogations et beaucoup
de parenthèses pour une impression globale du genre "ça vaut le coup" mais quelques (gros ?) défauts.
Tant pis, dévoilons tout de suite le truc de ce roman, le personnage principal Jules Wigand est inspiré par Denis Robert. Mais c'est plus l'implication de l'affaire Clearstream sur sa vie
personnelle, sa vie privée qui est racontée là. L'idée est louable, intéressante même. Mais ça m'a finalement bien moins accroché que la boite noire, roman de Denis Robert lui-même
traitant de cette affaire.
Pourquoi ? L'écriture peut-être, des phrases courtes et simples, trop simples ? La narration aussi, les chapitres sont nommés par dates et l'on passe d'un chapitre à l'autre de de 2002 à 2006, ce
qui n'est pas simple à suivre. Les personnages, décrits assez froidement et auxquels j'ai eu du mal à m'attacher.
Et pourtant, c'est pas mal. Cette vision de l'intérieur de la vie d'une famille et d'un homme déstabilisé par une affaire qui finalement les dépasse.
Bien que l'on ne parle plus de toute cette affaire, on ressent bien qu'il y a là un sujet essentiel de ce début de siècle. Quelque chose qui inspire et continuera à inspirer des artistes, puisque
les oeuvres sur le sujet ne s'arrêtent pas à cette publication de 2007.
Je continuerai aussi à m'y intéresser car le destin individuel de Denis Robert, décrit ici de manière romancée, est un sujet très parlant sur la société actuelle.
Par mokona noir
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Ya San
Scénario de Huang Jia Wei
Dessin de Wang Bang
2007
Editions Kana
C'est beau, c'est violent, c'est prenant.
Que dire de plus de ce manhua (bande dessinée chinoise) ? Bon, je vais m'y essayer quand même pour ne pas vous laisser comme ça
sur l'expectative.
Le dessin est très beau, j'ai juste l'impression qu'il manque encore un peu de maturité bien qu'étant très doué. J'attends dix ans pour voir si j'ai tort ou raison. En tout cas, Wang Bang est un
talent à suivre ! Son style à l'air d'être d'inspiration double : entre le manga japonais et la BD franco-belge, voire le comics américain. Comme s'il essayait de prendre le meilleur de la
narration graphique mondiale.
Le scénario est violent mais assez poétique aussi à sa façon. Là, rien à redire, quelque chose entre la bande dessinée de science fiction, le shonen pour la violence mais une sensibilité
qui touche aussi le côté féminin. Un scénario original tout comme le dessin. A suivre là aussi (bien que ce soit un one-shot).
A priori, on a là parmi ce qui se fait de mieux en provenance de Chine, un très bon résultat de la mondialisation culturelle (qui peut-être quelque chose de positif quand elle fonctionne comme
cela).
Par mokona noir
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J'ai entendu récemment une émission de radio (2 000 ans d'histoire) sur le thème du climat. J'en ai retenue une
très intéressante donnée : pendant l'époque du « petit âge glaciaire » (d'après ce que j'ai compris pendant 3 siècles vers le règne de Louis XIV, une époque au climat
particulièrement froid sans que l'on ne connaisse la raison de ce froid), l'Europe a connu des famines et une vie assez rude, mais rien qui n'ai transformé radicalement la société ou les modes de
vie. Tandis qu'au Groenland, où vivait une communauté de Vikings depuis plusieurs siècles, cet épisode climatique a provoqué leur extinction. Pourtant, sur le continent nord-américain voisin et
au climat similaire, les Inuits ont continué à vivre selon leur mode de vie traditionnel sans connaître de modifications particulières.
Alors pourquoi ces Vikings ont disparu ? D'après le spécialiste interviewé lors de l'émission, ce n'est pas le
climat qui les a fait disparaître mais leur refus de s'adapter à celui-ci. Ils n'ont pas voulu vivre comme les Inuits, manger des phoques, devenir nomades et abandonner l'agriculture qui ne
pouvait plus tenir sous ce climat. Alors, ils ont disparu.
Si l'on peut m'apporter des références bibliographiques sur ce sujet, je prend pour creuser cet épisode. J'ai
bien envie de le comparer à la disparition des habitants de l'Ile-de-Pâques.
Et j'essaie d'y voir une leçon pour le changement climatique que l'on va bientôt connaître du fait du
réchauffement : s'adapter ou disparaître.
Par mokona noir
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Bonjour à tous,
J'ai décidé d'inaugurer une nouvelle rubrique pour ce blog : la rubrique Pensine. Ce sera, au grée de
mes humeurs, pour regrouper des textes de réflexions personnelles. N'hésitez pas à débattre sur ces textes, à me donner vos avis, sans limites.
Mokona
Par mokona noir
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Harvey Milk
Film de Gus Van Sant
Avec Sean Penn, Josh Brolin, Emile Hirsch, James Franco
2009
Un très grand film, de pure tradition américaine (un biopic), porté par un très grand acteur. Sean
Penn est tout à fait grand dans cette oeuvre. Harvey Milk raconte l'histoire du premier élu gay (qui se revendique officiellement comme homosexuel) aux Etats-Unis.
C'est une histoire de militant, des les années soixante-dix à San Francisco. Où comment un homme décide de défendre les homosexuels et ce sur le plan politique, comment il s'engage dans les
élections municipales, dans la vie de son quartier (le quartier du Castro, le quartier homosexuel de San Francisco), comment la police tabasse littéralement les homosexuels, comment les jeunes
gens sont perdus de se découvrir gay et comment ils ont besoin de modèles, surtout en cette époque où la majorité des homos se cachaient. Mais aussi comment son engagement militant pèse sur sa
vie privée, car les conjoints de Harvey Milk sont malheureux, il n'a pas le temps de s'occuper d'eux, de les aimer vraiment, la politique reste sa maîtresse principale.
Une histoire humaine, une histoire de militant, une histoire triste aussi, car le destin d'Harvey Milk se termine mal. En tout cas, un homme courageux, qui a lutté pour sa cause, la cause des
homosexuels, ce combat qui est en fait un combat pour la tolérance, la liberté et les droits humains.
Par mokona noir
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